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Il est bien possible que la chimie mondiale soit à la recherche d’un nouveau souffle. Et ce n’est pas le biais des M&A qu’elle a pensé trouver la solution, si l’on en croit le faible niveau des mégafusions intervenues en 2019. Il n’y a guère que Chevron Phillips qui ait proposé 15 milliards de dollars pour racheter Nova Chemicals. En fin d’année, Showa Denko et Hitachi Chemical, puis Nippon Shokubai et Sanyo Chemical, se sont certes manifestés. Cependant, leurs projets relèveraient d’un passage obligé pour la chimie japonais de s’aligner sur les standards occidentaux en termes de bénéfices et de rentabilité.

S’il n’y a pas eu d’opérations spectaculaires, dignes d’une fusion DuPont-Dow, cela n’a pas empêché les mouvements de portefeuille. La cession des polyamides de Solvay à BASF a enfin été bouclée grâce à la reprise des actifs européens par Domo. Evonik est sorti des méthacrylates, Hunstman des intermédiaires et tensio-actifs. Clariant a cédé ses mélanges maîtres, tandis qu’Ineos est entré dans le dioxyde de titane.

Les Français n’ont pas démérité. Arkema a multipliés les achats, inaugurations et investissements. On retiendra le démarrage de la production de PEKK aux Etats-Unis et l’annonce de la construction d’une deuxième usine de polyamide 11 en Chine. SNF a confirmé un programme d’investissement de 1 milliard d’euros sur quatre ans qui profitera notamment à Dunkerque.

Sans surprise, c’est du côté de la pétrochimie que se sont déroulées des opérations de taille XXL. L’an passé, trois pays ont été particulièrement actifs : l’Inde, L’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. En Inde, les investissements se sont multipliés, tant dans l’est que dans l’ouest du pays, pour permettre aux opérateurs de descendre un peu plus en aval dans la chaîne de valeur.

Cette descente vers l’aval, c’est aussi la stratégie déployée en Arabie Saoudite par Saudi Aramco. Ce dernier s’est emparé de 70% de Sabic et a réalisé une mise en Bourse de 2% de son capital, pour récupérer plusieurs dizaines de milliards de dollars. Courant 2019, on a reparlé de Jubail 2, un complexe à l’étude conduit par Sartorp, jv entre Total et Aramco. Ineos pourrait bien s’y inviter en réalisant son premier investissement au Moyen-Orient à hauteur de 2 Mrds $.

Aux Etats-Unis, c’est toujours la manne des gaz de schiste qui a permis de maintenir les investissements au plus haut. Tous sont localisés au bord du Golfe du Mexique. Visiblement, il y a encore de la place pour de nouveaux craqueurs, si l’on en croit ExxonMobil qui a annoncé des projets à Bayport ou les deux saoudiens, Aramco et Sabic, qui lorgneraient sur San Patricio et Port Arthur. Mention spéciale pour Ineos qui prévoit tout de même d’installer un craqueur en Europe à Anvers !

Pendant que les pétrochimistes déversaient des millions de tonnes de plastique sur le marché mondial, ils ont aussi créé l’Alliance to End Plastic Waste. Cette initiative internationale a réuni en janvier une quarantaine leaders avec le projet de consacrer 1,5 milliard de dollars sur 5 ans pour réduire les déchets plastiques dans l’environnement. Au delà de cette alliance, accompagnée d’annonces sur la recyclage chimique, on a pu noter de nombreuses opérations dans le domaine des batteries pour accompagner une mobilité durable et un regain d’intérêt pour le biosourcé.

Voyons donc le verre à moitié plein en espérant que l’année 2020 sera placée sous les auspices bienveillants de l’innovation et des investissements en faveur de l’environnement. A moins que la politique internationale ne décide d’écrire l’histoire autrement. 

Source : Info Chimie
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