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Une jeune entrepreneure québécoise qui a créé une compagnie de fabrication de biocarburant pour les engins spatiaux et les fusées veut faire rayonner le Québec dans ce domaine et faire voler la NASA en mode écolo.

« On veut vraiment développer notre entreprise et faire grandir notre équipe pour mettre le Québec et Montréal sur la carte des technologies de l’espace. La compagnie met l’accent sur le développement de solutions plus vertes, plus économiques », lance Cristina Mottillo, présidente-directrice générale de ACSYNAM, une compagnie montréalaise qui développe des carburants écologiques pour les engins envoyés dans l’espace, comme les fusées. 

Passionnée de sciences et de protection de l’environnement, cette femme de 31 ans rêve de faire voler la NASA et d’autres agences spatiales avec son carburant bio. Pourtant, sa fascination pour l’espace n’était pas innée chez elle. Elle est plutôt venue petit à petit, au fil de ses recherches.

« C’est vrai qu’on ne pense pas toujours à être vert quand on réfléchit aux exploits dans l’espace. Mais quand on pense à envoyer de plus en plus d’objets dans l’espace, l’empreinte écologique est quelque chose que l’industrie est en train de regarder avec attention ».

En 2016, elle lance son entreprise, ACSYNAM, avec deux de ses professeurs de l’Université McGill, Tomislav Friščić, superviseur de son doctorat en chimie, et Chao-Jun Li, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en chimie verte de l’Université McGill. Le but ? Commercialiser les recherches menées à l’université.

Un carburant moins dangereux

Actuellement, ce qui fait voler les fusées, c’est de l’hydrazine. Un carburant liquide très toxique, cancérigène, dangereux lors de la manipulation, qui peut facilement fuiter, comme de l’essence dans une voiture.

Les recherches menées par Cristina Mottillo et l’équipe de McGill ont permis de trouver un nouveau carburant qui pourrait remplacer celui utilisé par l’industrie.

Ensemble, ils ont notamment découvert que des matériaux de synthèse sous forme de petits cristaux, qui portent le nom de réseaux métallo-organiques (MOF), peuvent emmagasiner énormément d’hydrogène.

L’hydrogène est l’un des éléments que l’on retrouve le plus sur terre, puisqu’il compose notamment l’eau, et est aussi considéré comme l’une des clefs de l’énergie verte de demain, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Ensemble, les MOF et l’hydrogène forment un carburant qui prend l’aspect d’une pâte, et qui est donc plus facilement manipulable. Il suffit d’y ajouter un oxydant pour créer une forte réaction qui pourrait propulser les fusées.

Pour Patrice Mangin, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières et directeur de l’Institut d’innovations en écomatériaux, écoproduits, écoénergies, la découverte réalisée par Mme Castillo et l’équipe de McGill est plus qu’innovante.

« C’est une belle avancée, je vois un potentiel extraordinaire, particulièrement pour la mobilité dans l’espace », ajoute-t-il.

Grâce à son projet, Mme Mottillo fait partie des 75 jeunes entrepreneurs québécois sélectionnés par le ministère de l’Économie et de l’Innovation pour recevoir une bourse d’honneur de 25 000 $.
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