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L’entreprise pharmaceutique américaine Moderna, qui a développé un des deux vaccins à ARN messager contre la COVID-19, implantera une usine de fabrication de vaccins ainsi qu’un centre de recherche à la fine pointe de la technologie. Une «avancée majeure», selon Ottawa.

«Après quarante ans de déclin» dans le secteur de la biofabrication, l’arrivée de Moderna donnera au Canada la possibilité de redevenir un leader mondial sur ce plan, a déclaré, mardi, le François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique.

Le protocole d’entente entre Ottawa et Moderna a été complété «dans les derniers jours», a déclaré M. Champagne, en point de presse au Palais des congrès de Montréal. L’emplacement exact de la future usine reste toujours à être déterminé, mais la dernière brique de l’édifice devrait être posée en 2024. Des discussions doivent avoir lieu entre l’entreprise et les différentes provinces au cours des prochains mois. 

La valeur totale des investissements que fera Moderna n’est toujours pas connue, mais elle s’élève à «plusieurs centaines de millions de dollars». Les incitatifs gouvernementaux n’ont pas été révélés.

Stéphane Bancel, président-directeur général de Moderna, estime que la «collaboration» entre les deux parties offrira «l’innovation et promesse de notre plateforme technologique d’ARN messager».

Français d’origine, M. Bancel a souligné que l’annonce était «émotionnelle» pour lui, d’autant plus qu’il s’agit de la première usine de Moderna qui sera située à l’extérieur des États-Unis.

Le Canada deviendrait ainsi un «centre d’excellence pour la technologie de l’ARN et les médicaments de la prochaine génération», un «pôle mondial» dans le domaine qui permettra au pays de développer des vaccins efficaces contre de nouveaux virus en quelques mois.

M. Bancel estime qu’entre 200 et 300 emplois seront créés au pays grâce à l’investissement dans l’usine. La capacité de production de vaccins de la future usine, selon le ministre Champagne, s’élèverait aux environs de 30 millions de doses par année.

L’objectif de l’entreprise est de fournir 800 millions et 1 milliard de doses de vaccins contre la COVID-19 dans le monde d’ici la fin de l’année, et en 2022, entre 2 et 3 milliards.

Les conservateurs n’ont pas tardé à réagir à l’annonce. «Justin Trudeau n’a tenu aucune de ses promesses en matière de fabrication nationale de vaccins, a affirmé Axel Rioux, du bureau du chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole. Il n’y a aucune raison pour les Canadiens de croire que cette installation sera construite sous le leadership de Trudeau. Nous ne pouvons pas nous permettre d’autres échecs de la part de Justin Trudeau.»

M. Rioux a ajouté que «le Plan de rétablissement du Canada est le plan détaillé d’Erin O’Toole pour agir pour l’avenir tout en s’associant avec des sociétés pharmaceutiques pour augmenter la production de médicaments essentiels et d’ingrédients pharmaceutiques actifs au Canada».

Rappelons que le Canada a prévu un montant de 1,2 milliard $ depuis le début de la pandémie pour rebâtir la capacité de production de vaccin du pays et réduire sa dépendance aux importations de produits pharmaceutiques étrangers.

Depuis le début de la pandémie, tel que mentionné sur le site du gouvernement du Canada, 44 millions de doses de vaccin contre la COVID-19 ont été achetées de Moderna.

Source : Journal de Québec
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