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Sans faire trop de bruit, une entreprise québécoise est devenue le plus important fabricant nord-américain de produits de beauté. KDC/One vise maintenant le premier rang mondial.

De 2013 à 2017, KDC a plus que doublé ses revenus grâce notamment à des acquisitions aux États-Unis. Son chiffre d’affaires frise actuellement 1,3 milliard $.

« Notre objectif, c’est de doubler la taille de l’entreprise encore une fois », déclare son PDG, Nicholas Whitley, dans la seule usine québécoise du groupe, située à Knowlton, dans les Cantons-de-l’Est.

Dans les installations de 450 000 pieds carrés, on fabrique plus de 600 produits différents : des désinfectants pour les mains, des shampoings, des lotions et des antisudorifiques.

L’usine de Knowlton, dans les Cantons-de-l’Est, fonctionne 24 heures sur 24, sept jours sur sept.La quasi-totalité de la production prend le chemin des États-Unis ou d’autres pays.

Les clients de KDC (Knowlton Development Corporation) sont de grandes multinationales comme Unilever et Procter & Gamble. Elles lui confient en sous-traitance la fabrication – et parfois même la conception – de certains de leurs produits.

Ancienne usine de Clairol

L’histoire de KDC a commencé en 1990, lorsque la firme américaine Clairol a annoncé la fermeture de son usine de Knowlton, qui avait ouvert ses portes en 1942. Des patrons de l’usine l’ont sauvée en la rachetant.

En 2002, la firme d’investissement québécoise Novacap a acquis l’entreprise. Puis, en 2014, la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité FTQ, Investissement Québec (IQ), Exportation et Développement Canada (EDC), Fondaction CSN et Manuvie se sont ajoutés comme actionnaires.

L’Europe et bientôt l’Asie

L’automne dernier, Novacap, le Fonds FTQ, EDC, Fondaction CSN et Manuvie ont cédé le contrôle de KDC à la firme américaine Cornell Capital, qui a lourdement endetté l’entreprise pour réaliser la transaction. La Caisse et IQ sont restés à bord.

« Cornell apporte une nouvelle dimension : un accès à l’Asie, qui est un élément clé de notre plan de croissance », explique M. Whitley. Le dirigeant espère bientôt prendre pied sur le continent le plus populeux du monde.

« Nous sommes en train d’évaluer ce que serait la meilleure solution en Asie, mais je m’attendrais à ce que nous y soyons d’ici les 12 prochains mois », indique-t-il.

Cet été, KDC a fait son entrée en Europe en mettant la main sur le groupe français Alkos et sur les activités de fabrication de la Britannique Swallowfield. Ces acquisitions ont aussi permis à KDC de percer les marchés des crayons de maquillage, des savons parfumés et des aérosols.

Les agences de notation de crédit ont toutefois mal accueilli les deux acquisitions européennes de KDC, soulignant qu’elles ont été effectuées en gonflant la dette de l’entreprise. L’an dernier, Standard & Poor’s a relevé que les marges bénéficiaires de KDC étaient « inférieures à la moyenne ».

LE GRAND PATRON A QUITTÉ LE QUÉBEC

La prise de contrôle de KDC/One par les firmes américaines Cornell Capital et HarbourVest Partners a eu pour effet de réduire l’importance du siège social de Longueuil.

Il y a deux mois, le PDG de KDC, l’Écossais Nicholas Whitley, a quitté Montréal, où il vivait depuis quelques années, pour s’installer au New Jersey, où l’entreprise compte d’importantes activités.

Embauché en juin, le nouveau chef des finances de KDC, Gregg Kam, réside lui aussi aux États-Unis, tout comme le vice-président aux ventes, John Wallace.

« Certaines choses ont changé avec l’acquisition [menée par Cornell], explique M. Whitley. Beaucoup de nos transactions sont désormais effectuées par un syndicat bancaire à New York, où se trouve aussi Cornell. »

Selon le dirigeant, il était plus logique d’être aux États-Unis, puisque plusieurs des grands clients de KDC s’y trouvent. « C’est difficile de bâtir un ensemble mondial, alors que tout se trouve là-bas, soutient-il. En toute franchise, je passais déjà plus de temps là-bas qu’ici. »

Adresse à Vancouver

De plus, la société mère du groupe, KDC Holdco, est domiciliée à Vancouver et est constituée en vertu de la législation britanno-colombienne.

La Caisse de dépôt, qui détient une participation de plus de 300 millions $ dans KDC, se fait rassurante.

« La convention des actionnaires est très claire quant au maintien des activités et du siège social de KDC au Québec, précise un porte-parole, Yann Langlais-Plante. [...] Il y est stipulé que les activités de Knowlton et celles du siège social de Longueuil continueront de servir de base solide pour l’expansion internationale de l’entreprise. »

« Le cœur et l’âme de l’entreprise se trouvent vraiment au Québec et perdre cela de vue serait très dangereux », affirme M. Whitley.

KDC indique que les services de l’approvisionnement, des ressources humaines, des technologies de l’information et de la trésorerie sont établis à Longueuil.

KDC en quelques chiffres

- Plus de 5000 employés dans le monde, dont 850 au Québec (Knowlton et Longueuil)
- 16 usines, aux É.-U. (10), au Québec (1), en France (3), au Royaume-Uni (2) ainsi qu'en République tchèque (1)
- Au moins un nouveau produit lancé chaque semaine
- Revenus de 1,3 milliard $

Source : Le Journal de Montréal
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